1.12.2022

Coquebert établit la frontière linguistique en Belgique

 

La frontière est « une ligne de rupture tracée sur une carte géographique » mais derrière cette image figée, il y a aussi une surface de contact, d'échange où coexistent de multiples réalités linguistiques (Les Frontières, 1949). 

La première prise de conscience de la « bigar-rure linguistique des provinces belges» a lieu sous Napoléon et le Premier Empire. 

En effet, dès octobre 1795, les territoires belges sont annexés à la France et neuf départements sont créés. Ces neufs départements deviendront en 1830 les provinces de la Belgique unitaire. 

Les limites départementales ne sont pas fixées en fonction du tracé de la frontière linguistique et plusieurs départements, la Lys, l'Escaut, la Dyle, la Meuse Inferieure et l'Ourthe sont composés de populations wallonne et flamande, voire allemande. 

Pour uniformiser le territoire, les révolutionnaires français imposent le français comme seule langue officielle.

Charles-Etienne Coquebert de Montbret

Il est chargé par Napoleon I du recensement des langues parlées en France sous le Premier Empire

Ce travail est publié en 1806 sous le nom d’essai d’un travail sur la géographie de la langue française

Lors de cette enquête, il dresse la première carte précise de la frontière linguistique du français avec les langues limitrophes, flamand, allemand, italien, catalan, espagnol, basque et breton. 

La frontiere linguistique bretonne capte son atten-tion en particulier. Il estime la population britto-phone à 995 558 personnes (sur une population d'environ 1,4 million). 

Cependant, son enquête ne porte que sur les départements des Côtes du Nord et du Morbihan

En 1831, il produit une extrapolation basée sur l'augmentation de la population entre 1806 et 1830.

 C'est dans cette perspective qu'en 1807, Charles Etienne Coquebert de Montbret entame une vaste enquête sur les différentes langues parlées sur le territoire afin de dégager les limites entre la langue française et les autres langages parlés dans l'empire : a savoir, allemand, flamand, bas-breton, basque, italien.

La francisation à marche forcée de l'Empire, en dépit de l'usage généralisé du français dans la vie mondaine, sociale, administrative, n'a pourtant pas touché l'ensemble de la popu-lation. 

Dans la première moitié du XIXeme siècle, la frontière linguistique s'inscrit plus dans les classes sociales et non dans la géographie. 

Elle oppose en gros les élites francisées aux classes populaires parlant diffferents dialectes. 

Avec la Belgique indépendante, la question des langues va à nouveau se poser. 



Le département de la Dyle fut créé en 1795 sur le territoire de l’actuelle Belgique. 
Il était divisé en trois arrondissements : Bruxelles, Nivelles, Louvain et avait Bruxelles comme chef-lieu. L’enquête linguistique y fut menée en 1806. Elle ne visait que la délimitation des langues française et flamande. 
Répondant à la circulaire du ministère, le préfet Chaban fournit la carte du département dès le 17 juillet 1806. 
C’est une carte gravée, faite à Bruxelles par Maillart et Sœur en l’an VIII. 
Une ligne à l’encre rouge dessinée au trait a été ajoutée à la main pour indiquer la frontière linguistique. Elle est pourvue d’un commentaire écrit. 
Charles Etienne Coquebert de Montbret a porté en marge sur la feuille: cette carte a été envoyée par M. Chaban préfet de la Dyle avec la lettre du 17 juillet 1806 où il dit que la ligne à l’encre rouge allant de l’est à l’ouest, laisse au sud les communes où le français est seul en usage. 
(Note de Coquebert de Montbret sur la carte du préfet, 1806, BNF NAF 5913 f. 29) 
Outre la carte, il ne reste que les notes de Coquebert de Montbret, reproduites déjà par F. Brunot. Elles aussi, ne concernent que la limite linguistique. Nous les rendons ici faute de posséder la correspondan-ce avec le départe-ment: Ce département est pour deux tiers de langue flamande et un tiers de langue française. 

Dyle 

Dans l’arrondissement de Bruxelles, la moitié des communes parle flamand et l’autre français. 
Dans celui de Louvain, la très grande majorité des communes est du pays flamand.
 Dans l’arrondissement de Nivelles, presque toutes parlent français. Il est tout wallon, excepté les environs de Perinnes et de Vollezeel et les deux endroits de la cense du Templier. La route de Hal à Enghien fait la limite entre Bierghes et Ham. 
Dans Bruxelles même, on parle plus français que flamand, dans la rue Haute et ses contours, la ville haute et les marchés, tandis que le flamand domine vers le canal, la porte de Schaerbeek, celle de Louvain. (Coquebert de Montbret, BMR Ms. Mbt. 721 f. 69-74) Laeken.
– Au village de Saint-Gilles, on ne parle que le flamand, et, à deux lieues de là, en suivant la même route, à Waterloo, on ne parle que français. Boschwort [Boitsfort], Den Ren (?) qui ne sont qu’à une heure de Waterloo, sont de langue flamande. La forêt de Soignes ne fait-elle pas la séparation ? » 
(Coquebert de Montbret, BMR Ms. Mbt. 721 f. 21) 
 
Le manuscrit BNF NAF 20080 ajoute encore sur Bruxelles: Les classes supérieures de la société de cette ville affectionnent l’usage du français, tandis que le flamand est le langage de celles qui se livrent à l’industrie et au commerce. (Coquebert, BNF NAF 20080, sans date)
Ces notes confirment la description de la répartition des langues dans la statistique générale de la Dyle de l’an XI : Dans le 1er arron-dissement (celui de Bruxelles) la moitié des communes parle flamand et l’autre moitié français. 
Très souvent aussi les deux langues se partagent des quartiers d’une même ville: à Bruxelles, par exemple, le degré d’élévation où l’on se trouve dans cette ville (située une partie dans la plaine et l’autre dans une hauteur) indique le langage dont on doit se servir : tous les habitans de la plaine jusqu’à mi-hauteur ne parlent et n’entendent que le flamand, tous ceux de la partie supérieure ne s’expriment qu’en français. Dans le second arrondissement (de Louvain) la très grande majorité des communes parle fla-mand, tandis que dans le 3ème arrondissement (de Nivelles) presque toutes parlent francais.

 

DE TAALGRENS IN BELGIE

Aan de Franse mathematicus-diplomaat Coquebert de Montbret danken we onze eerste taalgrenskaarten. 

Hij maakte die in1806 op aan de hand van inlichtingen door de prefecten van de verschillende departementen, vrederechters en andere beambten verstrekt aan het Franse Bureau de Statistique. 

De ene deed dit zorgvuldig, de andere wat minder, vandaar de ongelijke waarde van de gegevens. 

Vooral voor het oostelijke gedeelte van de Vlaams-Waalse taalgrens zijn de gegevens niet zeer betrouwbaar. 

Voor het westelijke gedeelte geven ze aanduidingen die de werkelijkheid van toen vrij dicht benaderen. 

Zo scheen het Frans toen dieper te zijn doorgedrongen in het zuiden van West-Vlaanderen dan nu.

Charles-Etienne Coquebert de Montbret duidde bijvoorbeeld Spiere en Rekkem als volledig Frans aan, terwijl ook in MesenNieuwkerkeWijtschateZandvoorde en Wervik volgens hem meer Frans dan Nederlands gesproken werd. 

In de streek van Edingen beschreef hij de toestand als volgt: Edingen zelf was Vlaams, maar drie vierde van de bevolking sprak er ook Frans.

Mark en Bever waren voor vijf zesde Vlaams; Lettelingen, Hove en Sint-Pieterskapelle waren voor twee derde Vlaams; Everbeek was voor de helft Vlaams.


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