La frontière est « une ligne de rupture tracée sur une carte géographique » mais derrière cette
image figée, il y a aussi une surface de contact, d'échange où coexistent de multiples réalités
linguistiques (Les Frontières, 1949). La première prise de conscience de la « bigar-rure linguistique des provinces belges» a lieu sous Napoléon et le Premier Empire.
En effet, dès octobre 1795, les territoires belges sont annexés à la France et neuf départements sont créés. Ces neufs départements deviendront en 1830 les provinces de la Belgique unitaire.
Les limites départementales ne sont pas fixées en fonction du tracé de la frontière linguistique et plusieurs départements, la Lys, l'Escaut, la Dyle, la Meuse Inferieure et l'Ourthe sont composés de populations wallonne et flamande, voire allemande.
Pour uniformiser le territoire, les révolutionnaires français imposent le français comme seule langue officielle.
| Charles-Etienne Coquebert de Montbret |
Il est chargé par Napoleon I du recensement des langues parlées en France sous le Premier Empire.
Ce travail est publié en 1806 sous le nom d’essai d’un travail sur la géographie de la langue française.
Lors de cette enquête, il dresse la première carte précise de la frontière linguistique du français avec les langues limitrophes, flamand, allemand, italien, catalan, espagnol, basque et breton.
La frontiere linguistique bretonne capte son atten-tion en particulier. Il estime la population britto-phone à 995 558 personnes (sur une population d'environ 1,4 million).
Cependant, son enquête ne porte que sur les départements des Côtes du Nord et du Morbihan.
En 1831, il produit une extrapolation basée sur l'augmentation de la population entre 1806 et 1830.
C'est dans cette perspective qu'en 1807, Charles Etienne Coquebert de Montbret entame une vaste enquête sur les différentes langues parlées sur le territoire afin de dégager les limites entre la langue française et les autres langages parlés dans l'empire : a savoir, allemand, flamand, bas-breton, basque, italien.
La francisation à marche forcée de l'Empire, en dépit de l'usage généralisé du français dans la vie mondaine, sociale, administrative, n'a pourtant pas touché l'ensemble de la popu-lation.
Dans la première moitié du XIXeme siècle, la frontière linguistique s'inscrit plus dans les classes sociales et non dans la géographie.
Elle oppose en gros les élites francisées aux classes populaires parlant diffferents dialectes.
Avec la Belgique indépendante, la question des langues va à nouveau se poser.
Dyle
DE TAALGRENS IN BELGIE
Aan de Franse mathematicus-diplomaat Coquebert de Montbret danken we onze eerste taalgrenskaarten.
Hij maakte die in1806 op aan de hand van inlichtingen door de prefecten van de verschillende departementen, vrederechters en andere beambten verstrekt aan het Franse Bureau de Statistique.
De ene deed dit zorgvuldig, de andere wat minder, vandaar de ongelijke waarde van de gegevens.
Vooral voor het oostelijke gedeelte van de Vlaams-Waalse taalgrens zijn de gegevens niet zeer betrouwbaar.
Voor het westelijke gedeelte geven ze aanduidingen die de werkelijkheid van toen vrij dicht benaderen.
Zo scheen het Frans toen dieper te zijn doorgedrongen in het zuiden van West-Vlaanderen dan nu.
Charles-Etienne Coquebert de Montbret duidde bijvoorbeeld Spiere en Rekkem als volledig Frans aan, terwijl ook in Mesen, Nieuwkerke, Wijtschate, Zandvoorde en Wervik volgens hem meer Frans dan Nederlands gesproken werd.
In de streek van Edingen beschreef hij de toestand als volgt: Edingen zelf was Vlaams, maar drie vierde van de bevolking sprak er ook Frans.
Mark en Bever waren voor vijf zesde Vlaams; Lettelingen, Hove en Sint-Pieterskapelle waren voor twee derde Vlaams; Everbeek was voor de helft Vlaams.

Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire
"Sans la liberté de blâmer, l'éloge n'a pas de valeur."